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Ma première leçon d‘échec

Quand j’étais jeune, ma mère m’emmenait souvent avec elle pour assister à des parties d’échec, je ne connaissais rien à l’époque. À force de regarder, je voulais moi aussi y participer, alors elle m’a proposé de prendre des cours. Mais étant donné que notre situation financière ne nous permettait pas de faire tout ce que l’on souhaite, ma mère a donc décidé de demander un prêt à un prêteur privé. Je savais bien qu’elle aimait les échecs, et je lui fis la promesse de faire tout mon possible pour la rendrait fière de moi. Je dois dire que pour elle, l’argent était plutôt destiné à mes études au collège et à l’université, si possible. Mon oncle aussi était un très grand adepte de ce jeu de stratégie, et c’est lui qui s’est chargé de m’apprendre. Il passait son temps libre à jouer avec ses amis.

Les pions

Ma première leçon concernait l'échiquier. Mon oncle m’a enseigné les règles du jeu et les déplacements de chaque pion. Lors de la seconde leçon, j’ai attrapé une très vilaine grippe, ma mère ne voulait pas que je sorte ce jour-là, mais j’ai insisté pour participer à une petite partie amicale entre moi et mon oncle. Étant incapable de m’en dissuader, elle a décidé de le faire venir chez nous. Ainsi, m’a-t-elle dit, je pouvais donner une raclée à mon mentor, tandis qu’elle, de son côté, pourra me surveiller de près. 

Elle travaillait beaucoup et se démenait du mieux qu’elle pouvait depuis le départ de mon père. Elle faisait tout pour que je ne manque de rien. J’ai arrêté de prendre les cours après quelques semaines de cela, car mon oncle nous a quittés suite à une grave maladie. Pour honorer sa mémoire, j’ai intégré l’équipe d’échec de l’école où j’ai commencé à apprendre moi-même de nouvelles stratégies acquises au cours des matchs organisés.

Échec et mat

Maintenant que j’y pense, ma vie peut bien être comparée à un tournoi d’échec. Mon adversaire a pris mon roi, il a gagné, la seule différence, c’est que ma reine n’a jamais cessé de se battre pour moi. À chaque jeu, je pense à ma mère, et je fais comme si elle était là pour me voir. L’échec n’est pas qu’un simple jeu, c’est l’héritage de ma mère. Je n’ai presque jamais perdu contre un adversaire. Ce jeu m’a permis de donner la joie de vivre à ma seule famille, elle aimait tellement me regarder jouer. Il y a quelque temps, j’ai appris qu’elle aussi était une très bonne joueuse d’échec avant ma naissance. J’espère qu’un jour, je deviendrai, moi aussi, un fin stratège comme l’a été ma mère.

 

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Ayant toujours vécu seul, jusqu’à récemment, je me suis retrouvé père d’une famille instantanée à 35 ans. Tout inclus, dont une adolescente et des jumeaux aux couches. Vous vous intéressez à la suite ? Suivez-moi ici entre deux changements de couches…